Des cadavres et des déchets : le vrai prix du poisson que vous achetez

1e mars 2019

Des cadavres et des déchets : le vrai prix du poisson que vous achetez.
Photo : Sea Shepherd France

Vous l’avez sans doute vu dans la presse, depuis le début de l’année des centaines de dauphins morts sont retrouvés échoués sur les plages. L’Observatoire Pelagis (CNRS & Université de La Rochelle) spécialisé dans l’étude de ces échouages lance une alerte, les chiffres étant encore plus élevés que l’an dernier !

C’est surtout la cause de ces morts qui alimente une polémique parfaitement justifiée : les cadavres portent les traces des matériels et méthodes de pêche au chalut. Mutilés, amputés ou brisés, les corps qui devraient obligatoirement être rapportés au port sont en fait abandonnés en mer. Et tant pis pour les promeneurs et les collectivités ainsi que leurs employés qui doivent supporter les coûts des récupérations pas toujours simples à réaliser.

Pelagis constate et comptabilise. L’organisation internationale Sea Shepherd va chercher les preuves. Les marins-pêcheurs apprécient peu et les représentants de la profession s’offusquent de la diffusion de l’information. 🙄

Là où ce sujet nous touche, c’est que la pêche est déjà trop souvent citée comme une source de pollution majeure lors de nos nettoyages durant lesquels nous récoltons d’innombrables débris de matériels et de filets. Destruction des dauphins et pollution du littoral, deux nuisances par les mêmes responsables.

Au-delà des échanges peu cordiaux entre les pêcheurs qui s’estiment sur leur territoire et Sea Shepherd ou les habitants soucieux, le tout savamment teinté de déni, de mauvaise foi et de “oui mais y’a pire ailleurs”, nous ne retiendrons qu’une chose indéniable et indiscutable. Lors de nos opérations nous n’avons JAMAIS constaté la présence des pêcheurs. Hormis quelques amateurs ou anciens salariés qui nous ont confirmé l’irrespect du milieu naturel à bord, les professionnels ne viennent pas préserver avec nous leur lieu de travail. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir informé les capitaineries et les comités des pêches. Quant à Sea Shepherd ? Invités ou non, les sympathisants sont présents et collectent les débris avec nous. Toujours.

Clamer que l’océan appartient à une petite caste est très malvenu dans ce contexte. Avant de dire que les personnes à terre n’y connaissent rien et ne peuvent pas donner leur avis (au sujet de corps et de déchets que chacun peut voir sur la plage …) ; de se montrer dédaigneux envers ceux qui ne naviguent pas et de dire au moindre citoyen critique de “retourner sucer tes cailloux” ou “manger tes racines” (extraits choisis), il faudrait apprendre à se montrer digne de cet océan. L’utiliser, en tirer profit, ne rend pas plus légitime face à d’autres marins et des scientifiques. D’autant plus si eux agissent réellement pour la sauvegarde de NOTRE océan.